Archipels

Jérémy Fabre, directeur de la Maison Julien Gracq, invite le collectionneur Alain Le Provost. Archipels, une exposition à voir du 11 avril au 31 août 2026.

Du mercredi 08 avril 2026 au dimanche 30 août 2026

  • Localisation

    Mauges sur Loire
  • Tarif(s)

    Gratuit - sauf pour les visites guidées

  • Accessibilité de l'évènement

  • Handicap
    auditif

  • Handicap
    mental

  • Handicap
    moteur

Avec des œuvres de JEREMY BENNEQUIN, OLIVIER DEBRÉ, FRED DEUX, DAMIEN DION, MARCEL DUCHAMP, SHARKA HYLAND, FRANCIS PICABIA, CLAUDE RUTAULT, ELISABETH TONNARD, CHRISTOPHE VIART, EMMANUELLE VILLARD

La Maison Julien Gracq présente une sélection d’œuvres du collectionneur nantais Alain Le Provost, dévoilée à travers le prisme de la littérature, de l’espace du livre, en écho à l’univers de Julien Gracq. Au travers d’approches conceptuelles, poétiques, visant parfois l’immatériel, les œuvres de l’exposition « Archipels » gravitent autour des notions d’effacement, de transformation, d’expériences de la limite, et ouvrent à de nouveaux regards.

Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style […] Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. 

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, le 16 janvier 1852.

 

« Une collection est le reflet d’une pensée, et la collection d’Alain Le Provost est de celles qui laissent poindre l’imminence d’une révélation qui se dérobe. L’exposition Archipels fait de nous des voyageurs solitaires. L’attente de ce qui n’advient pas, ou de ce que l’on nous soustrait, nous place dans un état de rêverie, produit une attention exacerbée, nous mettant à l’affut d’indices. Alain Le Provost habite sa collection en imagination ; il la rêve, la désire, la fait vivre en lui. Julien Gracq, lui, appréhende les lieux et les possibles offerts par la géographie, cultivant l’art du voilement, et distillant une écriture nous plaçant toujours dans l’attente d’un événement. De l’alliance de ces deux univers, se fait sentir un appel d’air permanent.

L’exposition marque cette attente, signe l’instant d’avant. Confusion des temps, résurgence des récits ; ici, la collection s’acoquine avec le jeu, la mise en acte. La responsabilité du regardeur compose alors avec la relativité des valeurs (un livre invisible, une toile blanche, une légende trouée). Les protocoles de création se font rituels : apparitions, disparitions, les œuvres revendiquent la place de l’interprète et reflètent cette mise en doute qu’exercent les artistes sur nos présupposés. Les structures restent ouvertes, se regardent en dehors : dans la marge, la rêverie, l’enquête ou l’interprétation. »

Sandra Doublet